+33 (0)1 56 88 29 60

gvdb@amphytrium.fr

L’Etat doit-il travailler son image employeur?

L’armée de l’air recrute : « pour faire voler nos avions, il faut toute une armée » ; la campagne est remarquable, comme d’habitude. De loin, l’administration qui travaille le mieux son image employeur. Mais les autres administrations ont-elles investi aussi bien dans leur image employeur ? pensent-elles seulement le faire ?

 

Travailler son image employeur est devenu, pour les administrations au sens large (fonctionnaires et opérateurs d’état) une nouvelle nécessité :

-          Le Secteur Public est engagé dans des réformes structurelles qui impactent sa culture, sa valeur ajoutée, sa place dans la société ;

-          Nos jeunes et moins jeunes demandent davantage à leur employeur ;

-          La guerre des talents est une réalité économique et statistique ;

L’image employeur dépasse le temps du recrutement et le lieu des agences de communication.

Elle circule sur les réseaux sociaux, dans les salons de recrutement, dans les écoles et fac ; elle se crée dans l’entreprise elle-même ; elle courre dans les familles et les quartiers.

Elle porte certes sur la politique et les pratiques RH, mais aussi sur la place de l’entreprise/l’administration dans la société, son engagement, ses résultats ; elle devra traduire la place de l’humain dans son projet ; sa capacité à créer de la valeur, de l’utilité. L’image employeur porte l’identité de l’employeur, sa marque sociale.

Or, quelles est la marque sociale de l’Education Nationale, votre Conseil Régional ou l’hôpital public de votre ville ? Vous en entendez les grèves, les réductions d’effectifs contestées, la place peu claire des syndicats dans la carrière des agents. Ou vous demandez à quoi ils servent. Avez-vous seulement postulé à un emploi public ?

Savez vous que la CCI Grand Lille a développé en 2009-2010 des parcours de formation complets pour faire réussir les mobilités internes demandées par la réforme ? Ou que la plateforme d’appui interministériel à la GRH en Normandie a construit un remarquable programme de mutualisation des formations pour les agents de la région ? Ou que la plateforme collaborative interne du Conseil Général de Seine Saint Denis anime au quotidien les relations entre les agents, sous le signe de la transversalité, la transparence, la technologie et ceci depuis plusieurs années ?

Parmi les arguments en faveur d’une approche volontaire sur l’image employeur en secteur public, je milite pour le top seven suivant :

1.      Le secteur public est passionnant et recèle de vraies rencontres humaines qu’il convient de valoriser.

2.      Les changements en cours demandent des compétences nouvelles qu’il faut faire venir : les savoir et savoir-faire qui permettent de penser, organiser et réaliser les réformes culturelles et organisationnelles de l’Etat. Il s’agit aussi des savoir-être des fonctionnels capables d’anticiper les dysfonctionnements pour apporter les solutions avant que le problème n’arrive aux agents de terrain. Cela appelle professionnalisme, écoute et imagination.

3.      Les réseaux sociaux se chargent de créer votre image employeur ; prenez-en le contrôle. Le service public doit investir dans sa e-réputation sociale.

4.      L’image employeur n’est pas portée par la dimension politique des élus ; elle ne n’en profite pas. Force est de constater que les mutualisations et les Partenariats Publics Privés  peuvent aussi porter sur les Hommes, et pas que sur les programmes. Une mutualisation des expériences publiques/privées au niveau des DRH apporterait beaucoup sur ce point.

5.      Comme Vineet Nayar a pu le décrire pour son entreprise privée, le secteur public peut faire de ses employés sa force centrale ; « les employés d’abord, les clients ensuite » pour réussir une vraie performance de service. Une des solutions à la crise de confiance que les citoyens ont dans leurs politiques est de replacer les Hommes (les agents publics) au cœur des échanges ; les gens apprécient leur facteur ou leur institutrice, mais pas le budget de l’Etat ou la RGPP. Ceci ne veut pas dire augmenter le nombre de fonctionnaires, mais d’en faire les porteurs du service public qu’ils réclament : performant, innovant, rentable, présent.

6.      Le secteur public est en concurrence : Un article récent dans le Monde, rédigé par Nathalie Quéruel, titrait sur la guerre des talents entre le public et le privé. Moins connu, il existe aussi une véritable concurrence entre les services publics français. Enfin, ne pas négliger la concurrence avec des services publics européens. Il convient de se démarquer.

Vous pouvez mandater une agence spécialisée comme l’armée.

Mais vous pouvez aussi travailler en interne, en impliquant vos collaborateurs pour en faire votre propre agence de communication. L’essentiel sera que votre image représente la réalité de ce que vos agents vivent au quotidien. Si le sujet ne vit que dans le comité de direction, abandonnez le projet ; si vos agents ont développé un réseau social interne sans vous, vous avez un bon terreau pour travailler.

Employeurs publics, créez et animez votre image sociale pour faire venir et garder les compétences dont vous avez besoin.

 

article publié sur RH-Info, le 14 novembre 2011

Partager:
  • Twitter
  • email
  • LinkedIn
  • viadeo FR

Laissez un commentaire

* Ces éléments sont nécessaires au bon traitement de vos commentaires.